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Méthanisation et hydrogène

Publié le 29 juillet 2022 par NEOMA

  • Chaire de Bioéconomie Industrielle

Les débats sur les prix de l’énergie deviennent de plus en plus stratégiques en ce moment. Elle réinterroge à nouveau la dépendance du monde à un petit nombre de pays producteurs de pétrole et de gaz naturel. Comment sortir de cette dépendance ?

En 2020, la France a lancé un grand plan national hydrogène accompagné d’un investissement de 7 milliards d’euros pour aider à l’émergence de cette nouvelle filière qui aide les entreprises industrielles à se décarboner. Parmi les objectifs figurent la souveraineté et l’autonomie de la France au plan énergétique avec une volonté affirmée de booster la production d’hydrogène sur le sol français et l’accent mis sur deux types d’hydrogène : l’hydrogène vert local, produit à partir d’eau et d’électricité provenant d’énergies renouvelables et l’hydrogène décarboné produit à partir du nucléaire local. Depuis 2020, la plupart des pays européens ont également lancé leur plan hydrogène tout comme l’Europe.

Deux ans après, le paysage a considérablement évolué et nous sommes en plein paradoxe. D’un côté certains pays, comme la France, souhaitent sortir de la dépendance aux pays importateurs de pétrole et de gaz naturel en produisant leur hydrogène local. De l’autre, il est en train d’émerger une géopolitique internationale de l’hydrogène qui montre à quel point le modèle de dépendance à un petit nombre de pays producteurs d’énergie résiste à toute remise en question.

Il faut savoir que l’hydrogène dît vert est très dépendant du cout de production des énergies renouvelables. Les régions les plus ensoleillées du globe, situées à proximité de l’eau de mer qui peut être facilement dessalée, sont donc des régions propices à la production d’un hydrogène vert à très bas coût en comparaison de l’Europe. Parmi ces régions, beaucoup sont productrices de pétrole.

Parallèlement, pour faire venir de l’hydrogène du bout du monde, il faut non seulement le transformer en ammoniac mais aussi le transporter sur des longues distances. Or justement, tout cela constitue le cœur de métier des compagnies pétrolières.

Dans un contexte européen, où on annonce déjà la fin de la commercialisation des voitures neuves à essence pour 2035, il est étonnant de voir avec quel naturel les pays producteurs de pétrole et de gaz naturel sont rentrés dans cette géopolitique de l’hydrogène. Par exemple, fin décembre 2021, la compagnie pétrolière saoudienne Aramco diffuse une campagne de communication dans la presse grand public française sur sa capacité à transporter jusqu’à nos stations-services de l’hydrogène.

l y a vraiment un choix de modèle de société et de modèle énergétique devant nous qu’il faut défendre en France. Que ce soit l’hydrogène, le biométhane ou directement l’électricité, il faut viser l’indépendance énergétique et favoriser – ici aussi – le « made in France ».   

Dr Valéry Michaux, professeure de stratégie, de prospective et d’intelligence économique à NEOMA

Références :

https://theconversation.com/hydrogene-vert-produit-et-utilise-localement-une-autre-vision-du-futur-161377

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-comment-la-france-se-convertit-a-lhydrogene-1222904

https://www.lagazettedescommunes.com/666017/mobilite-hydrogene-comment-la-france-tente-daccelerer-sa-conversion/

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MICHAUX Valéry

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