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Audit et performance : stratégies et outils de pilotage des entreprises

Publié le 08 décembre 2021 par NEOMA

  • Avis d'expert
  • Insights

Dans un monde plus volatile que jamais, ce livre aborde les enjeux et les outils de pilotage, de reporting financier et extra-financier, en vue d’apprécier la performance et la résilience des entreprises. Il présente également les évolutions récentes du métier d’audit. 

Par Jean-Michel Huet (PGE 97), Isabelle Tracq-Sengeissen (PGE 90) et Édouard Bucaille (PGE 91)

Dans son livre sur l’histoire de l’entreprise, Michel Drancourt1 rappelle que sur le long terme, trois invariants ont toujours dicté la vie des entreprises : être rentable, vendre et s’organiser. Ce livre s’intéresse au premier domaine. Il est d’ailleurs, après le commerce, l’élément le plus ancien de la vie économique : la capacité de compter, de faire une comptabilité, de contrôler et de travailler à améliorer la performance associée. Dans son Histoire universelle des chiffres, Georges Ifrah démontre que la comptabilité est un des premiers usages des chiffres2. 3 500 ans avant J.-C. en Mésopotamie, et notamment avec les sceaux-cylindres des bulles d’argiles des élamites, les bourses du palais de Nuzi ou la comptabilité du marché de la cité royale d’Uruk, l’un des premiers usages des chiffres écrits est bien lié à l’activité commerciale. L’objectif est à la fois de quantifier des biens (y compris à une période où la monnaie n’est pas encore en vigueur même si le troc existe déjà ; où les banques ne sont pas encore instituées) mais aussi de suivre le gain par rapport au coût… premier niveau de la performance économique.

 

AUDIT ET PERFORMANCE : TOUT AU LONG DE L’HISTOIRE DE L’ÉCONOMIE

La fonction de contrôle des comptes publics est très ancienne. Elle apparaît dès l’Égypte pharaonique, puis en Chine dès la dynastie Zhon, durant la république grecque (notamment pour la gestion des taxes et impôts) ou bien encore l’empire romain pour le contrôle des provinces. L’audit des entreprises ou des acteurs privés se développe plutôt à partir du XIIe siècle. Ibn Abdun évoque ainsi le système de contrôle des vendeurs et artisans à Séville dès ce siècle. Au XIIIe siècle en Angleterre est forgé le mot « audit », même s’il est d’origine latine3.  Edouard 1er d’Angleterre nomme ainsi des « auditors » en 13424. L’Italie est un des pays où la pratique se développe rapidement dès cette époque : Fibonacci est auditeur de la municipalité de Pise, Venise instaure un système de paiement variable de l’auditeur à l’erreur découverte. En France, c’est Colbert en 1673 qui impose aux commerçants de tenir une comptabilité. Mais il faudra attendre la première révolution industrielle et quelques épisodes de faillites, en Angleterre encore une fois, pour que commence vraiment à se structurer la profession avec l’objectif de donner un avis indépendant sur les comptes. La loi du 23 mai 1863 consacre l’avènement de l’audit en France. Quant à la crise de 1929, elle entraîne le développement de l’audit interne (5). 

 

AUDIT ET PERFORMANCE : UN LONG FLEUVE TRANQUILLE EN FORTE MUTATION AU XXIe SIÈCLE

Les deux premières décennies du XXIe siècle ont fait évoluer la manière d’analyser la performance et d’exercer les métiers de contrôles associés. Quelques tendances se dessinent.

Tout d’abord, le développement de nouvelles normes qui se sont développées impactant l’appréciation de la performance (les normes IFRS) mais également la régulation de l’activité d’audit avec focus important mis sur l’indépendance renforcée. 

Tout comme le reste de l’environnement, le numérique a un vrai impact. Déjà dans la manière de suivre la performance pour les entreprises avec de nouveaux outils (les war rooms, les tableaux de bords multi-dimensionnels sur iPad) et de nouvelles capacités avec l’utilisation du big data dans l’analyse des données financières de l’entreprise. Le contrôle et l’audit ont dû aussi s’adapter en utilisant les outils digitaux et en adaptant également les contrôles au rôle croissant de la digitalisation dans l’entreprise.

Le suivi de la performance est en outre sorti du champ de la seule direction financière en s’invitant dans les autres directions fonctionnelles de l’entreprise. En même temps, le développement d’analyses de performance et d’audit dans des champs extra-financiers se sont aussi développés.

 

UN LIVRE POUR APPRÉCIER CES DIFFÉRENTES DIMENSIONS

Ce livre est le treizième écrit par un collectif composé de diplômés et professeurs de NEOMA Business School. Nous avons construit cet ouvrage autour de deux grands axes. Le premier axe traite des enjeux de gestion de la performance dans différents domaines de l’entreprise (pour la direction générale, pour la direction financière, pour la direction commerciale, pour la direction des ressources humaines, ou pour toute direction opérationnelle). La seconde partie s’intéresse particulièrement aux évolutions de l’audit à la fois avec le changement des normes et des indicateurs, l’adaptation aux tailles des entités auditées, l’enjeu du digital, ou bien encore la prise en compte de la dimension RSE. Cette partie conclut l’ouvrage en s’interrogeant sur la performance des auditeurs en eux-mêmes, manière de boucler la boucle.

Références 

1- Michel Drancourt, Leçon d’histoire de l’entreprise de l’antiquité à nos jours, PUF, 2002, 333 p.

2- Georges Ifrah, Histoire universelle des chiffres, Robert Lafont, 1994, Vol. 1, 1042 p. et Vol. 2, 1010 p.

3- De audire, écouter, utilisé aussi pour indiquer le contrôle des gouverneurs pour l’empereur romain. Dans les années 1980, le terme de « vérification » avait été proposé au Canada mais le vocable « audit » l’a finalement emporté au cours des années 2010.

4- Jean-Guy Degos, Histoire de la comptabilité, PUF, 1998, 128 p.

5- Pierre Loyer, L’indépendance des auditeurs financiers : une approche des facteurs déterminants, thèse de doctorat, Université des sciences et technologies de Lille 1, 2006, 429 p.

Les auteurs de Audit et performance

  • Jean-François Serval (PGE 67), président, Serval & Associés
  • Christine Marcouyoux (PGE 76), associée, Productis
  • Isabelle Tracq-Sengeissen (PGE 90), associée, EY
  • Édouard Bucaille (PGE 91), directeur de projets d’intégration financière, Engie
  • Jean-Michel Huet (PGE 97), associé, BearingPoint
  • Cédric Dapsens (MBA FT 98), DRH, Cepheid
  • Laurent Gateau (PGE 03), Finance & Strategy, Banque centrale du Luxembourg
  • Éric Villette (EMGE 13), directeur de projet, Aximum-Colas
  • Alexis Lemaitre (PGE 17), auditeur, PwC
  • Charles Daussy, professeur en contrôle de gestion, directeur du MSc Accounting, Auditing & Advisory de NEOMA Business School
  • Imène Haouet, directrice Année préparatoire aux MS/MSc, NEOMA Business School
  • Frédéric Lainé, associé, Productis
  • Isabelle Miroir-Lair, enseignante-chercheuse en Contrôle de gestion, NEOMA Business School
  • Maria Ruiz-Garcia, professeure de Finance et directrice du MSc Finance, Investment & Wealth Management, Neoma Business School
  • Nathalie Subtil-Geeraerts, responsable du département académique Comptabilité, Contrôle et Affaires juridiques, NEOMA Business School

Préface d’Agnès Hussherr (PGE 89), Clients, Market and Innovation Leader, PwC

Les droits d’auteurs des ventes du livre sont entièrement reversés à la Fondation NEOMA

 

Présentation de l’ouvrage le 17 novembre 2021

 

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