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Publié le 12/03/2026
En mars, NEOMA a créé une chaire de recherche sur les fins de carrière. Effets de l’âge, de la lassitude, de l’adaptabilité sur la productivité des seniors, mesures pour optimiser ces dernières années : Gilbert Cette, économiste, professeur à l’école et titulaire de la chaire, nous éclaire.

L’ambition de cette chaire est d’abord de contribuer au développement des activités de recherche de NEOMA, en engageant des lignes de recherches en grande partie axées sur la problématique de l'âge. La première ligne de recherche va être de dissocier, les effets de l’âge de l’effet horizon. En fin de carrière, les salariés sont-ils moins productifs pour des raisons physiques et psychologiques (effet de l’âge), ou parce que employés et entreprises investissent moins dans les formations, ou le développement des compétences (effet horizon) des seniors ? Si les résultats de nos analyses économétriques montraient un effet horizon fort, cela signifierait qu’il faut agir sur cet effet pour maintenir l’employabilité des salariés seniors. Cette recherche serait ainsi utile autant aux entreprises qu’aux pouvoirs publics.
Cette seconde ligne de recherche vise à caractériser les obstacles à la diffusion de l’IA, et parmi ces obstacles d’éventuels effets de l’âge. L’enjeu est ici d’identifier dans quelle mesure des efforts de formation en direction des salariés seniors peuvent faciliter le déploiement de l’IA, si l’on considère que l’IA améliore les performances des entreprises.
Absolument. Le produit intérieur brut de la France par habitant est inférieur de 15%, 20%, voire de 30% à celui des pays nordiques, scandinaves, l'Allemagne, les Pays-Bas. Et l'un des principaux facteurs de cet écart, c'est un faible taux d'emploi de la population peu qualifiée, des jeunes et surtout des seniors, c'est-à-dire des personnes de plus de 55 ans. Augmenter le taux d’emploi de ces derniers est indispensable pour financer nos ambitions dans le domaine de la santé, de l'éducation nationale, de la défense, des retraites… Savoir à quoi se heurte l’emploi des seniors est donc important.
Il y aura deux équipes de chercheurs. Sur la première ligne de recherche, l’équipe sera composée de moi-même, de Francis Kramarz, un économètre de renommée internationale. L’équipe de la seconde ligne de recherche réunira l’économiste italien Giuseppe Nicoletti (LUISS University) et Océane Venerey, jeune docteure de l’Université de Bourgogne, qui développera la partie économétrique du travail. Les premiers résultats de la première ligne de recherche n’aboutiront pas avant 18 à 24 mois de travail, car cette recherche mobilisera de vastes fichiers de données individuelles françaises. Les premiers résultats de la seconde ligne de recherche seront diffusés dès 2026. Ses auteurs participeront d’ailleurs bientôt à une conférence académique à Rome pour présenter ces premiers résultats.
Vous l’avez dit plus tôt, la recherche doit être utile aux entreprises. D’ailleurs, elles peuvent apporter leurs contributions financières. Concrètement, quel est l’intérêt pour elles de participer ?
L'intérêt est double. Le premier intérêt, c'est bien sûr que les résultats de ces recherches peuvent inspirer et influencer leur politique RH, de gestion de leurs salariés seniors, pour maintenir, adapter, transformer le capital humain. Avec nos partenaires, nous pourrons aller plus loin dans les échanges et les analyses, ce qui permettra d’accroître l’impact de la recherche. Le deuxième intérêt est celui de l’image. Bien sûr, nous ferons apparaître, dans tous les usages qui seront faits des résultats de ces recherches, les financements dont nous aurons bénéficié.
La chaire bénéficie d’un premier financement de l’association ANCRE. Grâce à des conventions tripartites, les entreprises qui soutiennent le projet peuvent bénéficier d’une défiscalisation à hauteur de 60 % (dans la limite du montant total éligible de 0,5 % du chiffre d’affaires pour une entreprise donnée).
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