Thématiques :

De l’incubateur à la startup : le pari de Safir Hanafi avec PillQare

Publié le 03/04/2026

Pendant plus de quatre ans, Safir Hanafi a accompagné les start-uppeurs au sein de l'incubateur de NEOMA. En 2025, il s’est lancé lui aussi dans un projet de startup. En mars, il est venu raconter son histoire lors du Powered by NEOMA, édition 2026. 

Safir Hanafi, diplômé de NEOMA puis membre de l’incubateur de l’Ecole, a longtemps accompagné les porteurs de projet. Il les a vus se lancer, et revenir transformés, rayonnants ou parfois déconfis. Lui les enviait, et mais n’osait pas faire le grand saut. Puis un jour, il a fait le pas. 

L’idée du pilulier connecté est née d’une problématique personnelle 

Safir n'est ni médecin, ni ingénieur, ni pharmacien. Son point de départ, c'est une inquiétude : son père, atteint d'une maladie chronique, ne prend pas correctement son traitement. L'appeler tous les jours ? Possible. Mais insuffisant. Alors Safir imagine un pilulier qui distribuerait les médicaments automatiquement, alerterait en cas de mauvaise prise, et permettrait de suivre le patient à distance. Il appelle ça PillQare. Le premier pilulier connecté à intelligence artificielle. Au départ, il n'a rien. Pas de site, pas d'équipe, pas un euro. « Vraiment rien. Je pars de zéro. »

Premier défi : trouver un ingénieur hardware

Trouver un ingénieur logiciel, c'est faisable. Trouver un ingénieur hardware — celui qui va concevoir la partie physique du produit — c'est une autre affaire. « L’IA ne construit pas les arbres », lâche-t-il, avec le sourire. 

La rencontre décisive a lieu chez son frère, une histoire de tondeuse à réparer, et d’un réparateur trouvé sur Leboncoin. L’homme n'est pas seulement bricoleur, il est surtout un ingénieur hardware. Exactement ce qu'il cherchait. « Avant la fin de la réparation de la tondeuse, je lui ai dit : t'es chaud pour faire un pilulier ? » L'autre répond oui. L'histoire a démarré comme ça.

Safir crée alors le premier pilulier connecté doté d'intelligence artificielle. Le dispositif distribue automatiquement les médicaments, s'adapte aux habitudes du patient et déclenche des alertes en cas de mauvaise observance. Une réponse concrète à un problème de santé publique massif : l'observance thérapeutique. « Aujourd'hui, les piluliers classiques, il est impossible de savoir quand un patient prend ou pas son médicament. »

PillQuare : un démarrage sur les chapeaux de roue 

En douze mois, PillQare décroche une certification CE — dispositif médical de catégorie 1, commercialisable en Europe. La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) valide une prise en charge à 100 %, avant même la mise sur le marché. « On est passé en commission devant des chirurgiens, des médecins, des chefs de cliniques. Ils ont compris l'impact. C'est juste fou. »

L'équipe compte aujourd'hui une quinzaine de personnes. Des hôpitaux en Suisse, au Luxembourg, en Belgique appellent spontanément. Et pour couronner le tout : un passage dans l’émission de M6, Qui veut être mon associé ?. Deux millions de téléspectateurs.

Une maturité acquise à NEOMA 

Ce que NEOMA lui a donné :  Des années à observer l'entrepreneuriat de l'intérieur — les euphories, les galères, les abandons, les rebonds. Une connaissance viscérale de ce que c'est vraiment, une startup.

Et une lucidité à toute épreuve. « Je sais pertinemment que j'ai 92 % de chances de ne pas réussir. Mais je préfère essayer et échouer en donnant tout, que ne pas essayer et me dire : j'aurais pu. »

Son conseil aux étudiants de NEOMA : « Vendez votre vision avant votre produit. Décrochez des bons de commande. Et ensuite, l'argent vous pouvez le trouver, il y a des subventions, la BPI, la BNP… Mais d'abord, partez sur de l'exécution. »  

Articles associés