Classes préparatoires et Intelligences artificielles : les 5 enseignements d’une journée de réflexion
18/04/2025
NEOMA et l'APHEC réunissaient des professeurs de prépa pour explorer ensemble les intelligences artificielles.
Le monde de NEOMA
Publié le 07/09/2026
L’intégralité de l’interview est à écouter ICI.
Je veux leur dire qu'il y a toujours eu des soubresauts sur le marché de l'emploi. Et c'est vrai, le marché est plus difficile aujourd'hui qu'il y a quelques mois. On est en situation de crise économique, et les cycles font qu'il y a des années plus difficiles que d'autres. On met ça beaucoup sur le compte de l'IA, mais je pense que l'IA a parfois bon dos pour expliquer des baisses d'embauche.
Ce que je voudrais dire aux jeunes, c'est d'abord que l'IA offre beaucoup de nouveaux emplois. D'ailleurs, dans l'étude qu'on a réalisée à la Conférence des Grandes Écoles en juin dernier, la moitié des étudiants interrogés nous disaient qu'ils pensaient que l'intelligence artificielle aurait un impact positif sur leur carrière. Je crois que l'IA crée beaucoup d'opportunités, de jobs autour de la transformation des organisations, à la fois au plan technique, scientifique et organisationnel, management.
Ce qui est sûr aussi, c'est que les jeunes diplômés prennent un premier job et probablement dans dix ans ils feront quelque chose de complètement différent, parce qu'on est dans une révolution technologique. Mais c'est positif : ils vont apprendre tout au long de la vie et leurs métiers vont évoluer.
J'ai envie de leur donner un message d'optimisme. Accrochez-vous, il faut peut-être plus de temps aujourd'hui pour trouver un job qu'il y a deux ou trois ans, mais vous en trouverez un, et vous allez vivre une transformation positive qui va aussi faire évoluer le contenu des métiers. »
« Oui, il y a une grande progression des métiers autour de la transformation des entreprises par l'intelligence artificielle. Donc ça, on sait qu'il y a énormément de débouchés aujourd'hui autour de l'IA : Project Manager, Computer Scientist, Data Scientist. Et les grandes écoles ont créé de nouveaux programmes pour y préparer leurs étudiants.
L'école que je dirige, NEOMA, a créé un programme Master qui s'appelle AI for Business. Donc on est en train de développer tous des programmes là-dessus, et c'est vrai que ça fait partie des débouchés qui se développent très vite. »
La manière dont on évalue les étudiants, c'est d'abord par la transparence. On va avoir des exercices ou des travaux qui sont faits avec l'IA, c'est assumé. On recommande à nos étudiants de l'utiliser, on sait qu'ils l'utilisent, et on sait aussi que dans leur métier futur ils l'utiliseront. Donc on leur dit : allez-y. Ça va être typiquement des travaux de groupe, des travaux créatifs, des projets. On leur dit : utilisez-le comme vous l'utiliserez dans vos métiers futurs. Par contre, expliquez-nous ce qu'elle vous a dit, ce que votre intelligence humaine a rajouté, et aussi comment vous avez prompté, etc. Ça, c'est une partie des évaluations.
Et puis à l'inverse, on va aussi avoir des évaluations à l'ancienne, j'allais dire, soit papier-crayon, soit avec des outils informatiques qui bloquent l'accès à l'IA, notamment pour des examens de fin de semestre. Parce que c'est aussi important que les étudiants sachent, qu'ils comprennent aussi de quoi ils parlent. Et on sait qu'on utilise d'autant mieux l'IA, on prompte d'autant mieux qu'on connaît un sujet. Donc on veut vérifier que nos étudiants comprennent et maîtrisent leur sujet.
Enfin, c'est un peu le grand retour de l'oral. On dit beaucoup qu'à l'heure de l'intelligence artificielle, ce qui va faire la différence, c'est les soft skills, les qualités humaines, d'esprit critique, de leadership, de créativité. Et ça, ça se mesure beaucoup par l'oral. Au lieu de mettre un quart d'heure à corriger une copie, je vais interroger mes étudiants pendant un quart d'heure et je vais très bien voir ce qu'ils comprennent et ce qu'ils ne comprennent pas. Pour l'instant, l'IA n'est pas capable de faire ça à leur place.