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« NEOMA, c’est le label d’une grande ouverture, d'une curiosité et de la multidisciplinarité »

Publié le 12/06/2026

Michel-Édouard Leclerc est président de NEOMA depuis 2018. En janvier, il avait été reconduit pour quatre ans. L’occasion pour lui de partager sa vision et ses ambitions pour l’École.

Quel bilan faites-vous depuis votre arrivée à la tête de l’Ecole? 

D’abord, je dois dire que cette mission de Président est un honneur. J’adore les étudiants de cette Ecole. J’aime travailler avec les administrateurs, les professeurs, les équipes, et je crois que nous formons un tandem très complémentaire avec Delphine Manceau, Directrice générale. Je suis ravi de rempiler pour quatre ans. J’exercerai ce deuxième mandat avec la même énergie, la même détermination et le même plaisir que précédemment. Depuis plusieurs années, on a beaucoup progressé. Dans les classements bien sûr mais, plus globalement, NEOMA connaît une solide dynamique de développement. L’Ecole est portée par des projets structurants tels que l’ouverture d’un nouveau campus à Paris en 2021, la prochaine ouverture du futur campus de Reims en 2027, la signature de nouveaux partenariats avec des entreprises de renom, de nouvelles alliances en France et à l’international, la progression de la recherche, l’intégration des enjeux climatiques ou encore le déploiement d’un plan de formation sur l’IA auprès des étudiants, professeurs et collaborateurs. Mais au fond, ce qui compte, ce n’est pas la liste des projets : c’est le mouvement. C’est dans cet esprit que je veux poursuivre mon engagement au service de NEOMA. 

Concrètement, quel rôle occupez-vous dans cette dynamique ? 

Au début de mon premier mandat, j’avais peur qu’on me demande d’être Président d’honneur, ce qui ne m’aurait pas intéressé. Je reste très connecté au terrain et mon idée est d’être utile, de mettre mon réseau et mon expérience au service de l’Ecole. Je me vois comme un animateur, un fédérateur, un éveilleur. Je n’interviens pas sur les programmes ou les contenus pédagogiques. Mais j’ai proposé il y a quelques années de lancer un cycle de conférences sur la responsabilité sociale. Mon objectif est de proposer aux étudiants des rendez-vous d’échanges et de débats de haute qualité avec des intellectuels et des personnalités reconnues du monde économique, social et culturel. C’est un engagement naturel de ma part puisque j’accorde une attention toute particulière aux sciences humaines et à l’utilité sociale des organisations. Avec les équipes de l’Ecole, nous identifions et contactons les intervenants pressentis. Nous avons eu la chance de recevoir sur les campus de Reims ou de Rouen de grands dirigeants, comme Emmanuel Faber, ancien DG de Danone, Sébastien Missoffe, DG de Google, Frédéric Duval, DG d’Amazon, Thierry Cotillard, Président du Groupement Mousquetaires. Nous avons aussi accueilli des profils différents comme le Professeur Bruno Dubois, spécialiste mondial d'Alzheimer, Philippe Besson, l'un des écrivains français les plus lus de sa génération, ou Jean-François Julliard, ancien DG de Greenpeace France. Ce qu’on veut, c’est donner aux étudiants des clés pour comprendre la complexité et analyser le rôle qui sera le leur en tant que dirigeants d’entreprises. Dans le même esprit, j’ai aussi œuvré au partenariat entre NEOMA et l’IRIS, au croisement de la géopolitique et du management. Je suis un Président actif, et en acceptant ce rôle, je redeviens aussi étudiant, à l’écoute et prêt à apprendre. 

Quelles compétences une école comme NEOMA doit-elle transmettre pour préparer ses étudiants aux défis actuels ? 

Aujourd’hui, il ne suffit plus d’être “bon élève”. Il faut comprendre le monde tel qu’il est, pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Donc oui, des compétences techniques solides, bien sûr, mais surtout de l’esprit critique, de la curiosité et une capacité à décider dans l’incertitude.
Je le vois bien sur le terrain, on a besoin de profils capables de remettre en question les évidences, de travailler avec des gens qui pensent autrement, de confronter les idées à la réalité. Une école comme NEOMA doit former des têtes bien faites, pas seulement bien pleines. Former la jeunesse constitue un enjeu majeur pour la compétitivité et l’avenir de notre pays. C’est une mission passionnante et en même temps, quelle responsabilité ! Mais je suis très confiant, NEOMA aborde les prochaines étapes de son développement avec ambition, portée par des projets d’envergure et une priorité claire : former des étudiants ouverts sur le monde, leur garantir une insertion professionnelle durable et les accompagner pour qu’ils deviennent des acteurs positifs au service de la société. 

Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à un étudiant de NEOMA pour tirer le meilleur parti de sa formation ?

Je ne chercherais pas à cocher toutes les cases d’un parcours parfait. J’irais là où ça bouge, là où ça dérange un peu. Je multiplierais les expériences concrètes : stages, séjours à l’international, engagements associatifs. Et surtout, je sortirais de mon milieu. Comprendre les clients, les citoyens, les territoires, ça ne s’apprend pas uniquement en salle de cours. Les études, ce n’est pas un tunnel, c’est un terrain d’exploration. Il faut que les étudiants utilisent ce passage à NEOMA pour apprendre à se connaître, pour se muscler, pour se préparer au changement. Même s’il ne les attend pas, le monde est fait pour eux, je suis très optimiste. 

Quel rôle un réseau d’alumni comme celui de NEOMA peut-il jouer dans les trajectoires professionnelles aujourd’hui ?

Un réseau, ce n’est pas un simple carnet d’adresses, c’est une responsabilité. C’est une communauté vivante, solidaire et active. Ça peut ouvrir des portes, évidemment, mais surtout ça doit créer de la solidarité, de la transmission. Dans des carrières de plus en plus longues et mouvantes, on n’avance plus seul. Ceux qui réussissent sont souvent ceux qui savent activer, mais aussi nourrir leur réseau. Un bon réseau, ce n’est pas celui qu’on sollicite en cas de besoin, c’est celui qu’on fait vivre en permanence. Et quand les jeunes diplômés deviennent eux-mêmes “anciens”, ils recyclent ce capital et redonnent : ils aident, recrutent, mentorent… C’est très puissant ! 

Si vous deviez adresser un message personnel à la communauté NEOMA, étudiants et alumni, quel serait-il ? 

J’aimerais leur dire que je suis fier d’être le Président de cette Ecole. NEOMA, c’est une signature, le label d’une grande ouverture, curiosité et multidisciplinarité. C’est la condition pour rester des managers innovants. C’est ça notre ambition pour eux. Tant mieux si j'ai pu, dans un coin du CV, leur apporter une référence positive et utile pour la réalisation de leurs projets. Et si, à un moment, l’École peut leur ouvrir une porte, alors on aura fait le job.

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