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Attention, concentration, intention : Les 3 conseils d’un neurobiologiste à nos étudiants

Publié le 14/09/2026

Début septembre, Jean-Philippe Lachaux, neurobiologiste était l’invité de NEOMA pour une leçon inaugurale. A l’heure où l’attention et la concentration sont malmenées par les écrans, il a délivré à nos étudiants de PGE trois bons conseils pour mieux les maîtriser. 

1. Dans un monde saturé de contenus, il faut reprendre le contrôle de son attention

Avec des millions de contenus disponibles à tout instant, nous sommes tentés de vouloir tout explorer. « Je pense qu'il y a plein de choses très bien et utiles sur tous les écrans », avoue-t-il. Dans ce contexte, il faut absolument choisir. Or « choisir, c'est renoncer. » Difficile.  Comment faire ?  Pour reprendre le contrôle de son attention, il conseille « de décider à l'avance pourquoi et combien de temps vous allez rester sur votre téléphone, et quand vous avez terminé, c'est terminé. » Vous passez ensuite à une autre tâche à laquelle vous prêtez toute votre attention sans être parasitée par les écrans. 

Parlons de tâches et surtout de multitâche. Mauvaise idée selon lui. « Le cerveau ne bascule pas instantanément d'une tâche à l'autre », explique-t-il. La preuve : difficile de lire un texte tout en calculant le nombre de « e » qu’il contient. « Les deux actions mobilisent des réseaux cérébraux différents ». Dès qu'on veut être rapide et efficace, insiste-t-il, « il faut une seule intention de faire. Ça ne peut pas changer. » Le multitâche permanent, très répandu en entreprise, n'est donc pas un signe de performance mais une source de dispersion et d'erreurs.

2. La concentration n'est pas une souffrance, c’est une forme de présence 

Le neurobiologiste tient à tordre le cou à une idée reçue : la concentration demanderait un effort pénible. Il cite un pianiste qu’il a interrogé : « La présence, c'est le sentiment d'être dans la note que je joue. » Loin de le fatiguer, cet état « lui donne de l'énergie ». La concentration est donc une forme de présence, potentiellement énergisante. 

Cette présence repose sur trois ingrédients : la perception (ce qu'il faut percevoir en priorité), l’intention (ce que l'on cherche à accomplir) et la manière d'agir (le comportement adapté à cette intention). L'intention est essentielle : « Si vous avez une intention vague, votre attention est vaporisée ». 

3. Pour gérer la complexité, il faut apprendre à partir du global vers le détail  

En observant sportifs de haut niveau et musiciens, Jean-Philippe Lachaux a identifié une concentration « multi-échelle » : les maxi-missions (des objectifs plus vastes, à décomposer), les mini-missions (des objectifs déjà maîtrisés) et les micro-missions (les petites actions).  Cette organisation évite le chaos attentionnel — l'hésitation permanente sur ce qu'il faut faire — et la surcharge mentale liée à l'accumulation de maxi-missions non terminées. 

Reste à jongler entre le global et le détail, entre l’œuvre musicale dans son ensemble et chaque note de la partition. Cette double capacité -être pleinement dans l'instant tout en gardant la vision d'ensemble - est, selon lui, ce qui distingue les personnes qui gèrent bien la complexité de celles qui, même très intelligentes, se perdent parfois de longues minutes sur un détail en perdant de vue l'objectif global.

 

Jean-Philippe Lachaux est neurobiologiste, directeur de recherche à l'Inserm au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon et fondateur du programme ATOLE.

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