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Petite leçon d’adaptation au confinement : l’exemple de PicMe

Publié le 29 mai 2020 par NEOMA

  • Entrepreneuriat
  • Programme Grande Ecole

Le confinement a été une période très difficile pour les entreprises. Cependant, selon certains experts, les startups disposeraient d’atouts structurels importants pour survivre à la crise (voir article). En faisant preuve d’adaptabilité, ces dernières sont souvent en capacité de faire pivoter leur activité pour la maintenir. PicMe, startup fondée par trois néomiens revient sur son expérience durant cette situation inédite.

PicMe a été fondée il y a un an par Martin Cregut, Julian Amar et Gabriel Ruff, tous les trois étudiants en Programme Grande Ecole. « Après avoir rencontré et interrogé plus d’une centaine de photographes, nous avons développé un service conçu par et pour eux : un outil de transaction pour que le professionnel puisse simplement échanger ses clichés contre de l’argent, où il veut et quand il le souhaite, mais surtout de manière simple et sécurisée. Le photographe est totalement libre, il choisit ses horaires, ses clients, son prix… PicMe est simplement un outil au service de son activité. » explique Martin Cregut.

L’activité de PicMe s’est lancée sur la base de minis shootings réalisés devant la Tour Eiffel surtout pour des clients internationaux. Une autre part importante du chiffre d’affaires est développée essentiellement dans les secteurs du tourisme et de l’événementiel. Depuis le confinement et le coup de frein violent que connaissent ces secteurs, l’activité de la startup est quasiment à l’arrêt.

Mais il en aurait fallu bien plus pour décourager les trois co-fondateurs qui ont décidé de voir le verre à moitié plein et surtout de contribuer aux aussi à la vague d’initiatives solidaires qui a vu le jour. Leur idée : offrir à leur clients la possibilité de se faire photographier en ce moment si particulier.

picme couple

Lancer une opération ad’hoc

PicMe s'axe sur les bons moments et le souvenir. Ce qu’on vivait était inédit, bizarre, parfois même effrayant. Mais pour certaines personnes, ce confinement a représenté une forme d'occasion unique. Des familles se sont retrouvées, des couples ont partagé des moments originaux et des personnes ont pu se recentrer sur leurs véritables aspirations” raconte Martin Cregut.“En 24h on a monté le site et on a lancé l’action. Les photographes ont très bien accueilli cette opportunité de travail et nous avons fait don de l’intégralité de nos bénéfices à SOS EPHAD, soutenu par la fondation Alzheimer” complète-t-il.

En une semaine d’opération, le trio de PicMe rassemble plus d’une centaine de commandes clients partout dans le monde. Pour faire connaitre son action, la jeune startup s’appuie sur la communauté NEOMA. “Via un groupe Facebook nous avons recruté des ambassadeurs issus de l’école pour notre action dans plusieurs grandes villes de France, comme Metz, Bordeaux, Lyon, Besançon, Dijon, Lille ou encore Nice. Cela nous a bien aidés” se souvient Martin.

S’adapter et prendre en compte les nouvelles contraintes

Côté technique, les fondateurs de PicMe ont également fait évoluer le déroulé traditionnel de leurs prestations. “Pour respecter les gestes barrières, nous avons renoncé à l’échange papier. Un QR code était envoyé par email au client en amont de la prestation. A son arrivée, le photographe n’avait plus qu’à scanner le code avec son téléphone.

Le déroulement de la prestation est également chamboulé. Les photographes n’entrent pas au domicile des clients et les clichés s’effectuent en extérieur, la plupart du temps sur le pas de la porte.

picme porte
Ces shootings étaient vraiment spéciaux” témoignent les fondateurs de PicMe. “D'après les retours des photographes on oscillait entre moments solennels et franche rigolade. Nous avons eu droit à des tenues loufoques, des anniversaires de 25 ans de mariage confinés, des mises en situation comiques... Il s’est vraiment passé quelque chose sur cette opération

picme mosaique

Mettre à profit le confinement

Transformer les obstacles en opportunités est le mantra de nombreux startuppers. Sans déroger à la règle, les fondateurs de PicMe ont fait preuve de pragmatisme.
Le confinement nous a permis d’être plus en contact et d’avoir plus de temps avec les photographes pour leur parler de notre offre. Nous avons œuvré à la prospection et à l’acquisition de nouveaux professionnels”.

Outre le volet commercial, le trio de startuppers pousse encore plus loin la réflexion. “Cette expérience nous a également permis de nous interroger sur le marché de la photo à domicile. Ce n’est pas notre secteur de base mais la question est intéressante à étudier. Pour continuer à fonctionner, il nous faut des plans B. Nous poursuivons plusieurs axes de réflexion comme la réalisation de clichés pros pour la vente de biens (objets de luxe, immobilier, voitures...). Et comme cet été il y a peu de chances que les touristes internationaux soient nombreux, nous allons nous rapprocher de la clientèle française”.