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Manager une association étudiante à distance : quelles compétences ?

Publié le 12 juin 2020 par NEOMA

  • Campus Reims
  • Campus Rouen
  • Vie étudiante

Bien que ralentie depuis le confinement, la vie associative continue. La passation entre nouveaux et anciens bureaux s’est effectuée en version confinée et les nouveaux et nouvelles Présidents.es occupent leurs fonctions. Ils prennent la pleine mesure de la tâche qui leur incombe et développent de nouvelles compétences à vitesse Grand V. Manager une association étudiante en temps normal est déjà une expérience marquante dans un parcours étudiant mais d’autant plus en situation de crise sanitaire inédite.

Pour en savoir plus, 4 étudiants prennent la parole sur les compétences que ces premiers pas en tant que responsable associatif leur ont déjà permis de développer et celles qu’ils identifient comme des compétences clefs.

L'adaptabilité pour surmonter l’incertitude

Compétence n°1 en temps de crise: la flexibilité. Sans elle, impossible de faire face aux multiples aléas que l’on peut rencontrer.

axel baillyokAxel Bailly – Président du Bureau des sports à Rouen témoigne “Tout est question d’adaptation. La communication, les réunions avec les différents partenaires et l’organisation des futurs événements BDS se font exclusivement à distance et personnellement le facteur humain me manque. Mais la plus grande difficulté que nous rencontrons, c’est l’incertitude, car nous devons travailler sur des événements qui auront lieu dès septembre et dont la tenue est encore très incertaine. ll a été psychologiquement compliqué d’admettre l’arrêt de toutes les activités que nous préparions depuis des mois. Mais avec le recul, nous avons trouvé des alternatives et je pense que cette capacité d’adaptation sera un atout pour l’avenir !”.

L'organisation pour pallier la digitalisation des échanges

Autre compétence qui a fait l’unanimité chez les responsables associatifs interrogés : l’organisation. Si elle est un facteur clef de réussite de manière générale, elle prend une dimension nouvelle avec la prise en charge de plus grandes responsabilités.
clemence perrissin fabertokClémence Perrissin-Fabert, Présidente du Monocle (Reims) expose sa situation. “Je me reconnais une tendance à procrastiner. Or, quand on est Présidente, ça ne passe pas. On doit montrer l’exemple. Je ne peux pas demander aux autres membres de l’association de se montrer organisés si je ne le suis pas moi-même. Clairement, je m’impose une rigueur que je n’ai pas dans la vie de tous les jours”.

Son propos est complété par celui de Léa Debaux, Présidente de l'Atelier (Rouen) “Je me sens très vite débordée. 3 mails, 2 réunions et je ne sais plus comment avancer. Ce sentiment est vraiment renforcé par le passage en 100% digital des échanges. Je me force à répondre vite pour traiter les demandes immédiatement. Et pour les taches que je ne peux pas prendre en charge dans la foulée, je note tout sur un tableau. Depuis que je suis investie de ce mandat associatif, je suis quelqu’un de très organisée et cette méthode me permet de me libérer le cerveau. Je n’ai plus en permanence le stress d’oublier quelque chose !”.

La communication pour poursuivre l’activité

La bonne cohésion d’un groupe passe par une vision commune et partagée. Rien de moins aisé quand l’échange se retrouve fortement limité. Axel Bailly du Bureau des sports Rouen, prend la parole sur ce challenge en tant que Président. “Des différences se font ressentir par rapport à une situation “normale”. Du point de vue de la communication, les informations ne circulent pas de la même façon et il faut s’adapter pour assurer une bonne cohésion. Il est aussi plus difficile de réunir tout le monde avec des réunions en visio-conférence, plutôt qu’en présentiel. Et quant à la différence entre la période de confinement et le post-confinement, je n’en vois presque aucune, car chacun reste prudent face à la situation et les habitudes d'échanges et de communication prises pendant ces deux mois inédits perdurent et nous permettent de continuer à travailler”.

asso etu manager

Un management bienveillant pour assurer un bon fonctionnement

Prendre la présidence d’une association, c’est entrer dans un nouveau monde d’exigences et d’attentes de la part de ses pairs. Il faut prendre rapidement la dimension de ce poste et parvenir à en gérer tous les aspects. Un challenge des plus relevés. D’autant que le contexte ne simplifie en rien la pleine prise en main de telles fonctions.

emma lagronokAu niveau du management, j’ai tout à apprendre” reconnait Emma Lagron (Alive – Reims). “Mais je réalise déjà certaines choses : je dois être là au bon moment, répartir les tâches, savoir qui doit faire quoi. Je me rends compte que si les membres de l’association n’ont pas de mission précise, ils ont tendance à ne pas prendre d'initiative par peur de mal faire. Je dois donc être la plus claire et précise possible dans mes instructions. Et quand en plus, les échanges se font via écran interposé, la difficulté est encore plus grande...”.

Pour Clémence Perrissin-Fabert (Le Monocle - Reims) l’enjeu se situe sur un autre plan : “Manager, c’est également tout à fait neuf pour moi. On apprend beaucoup des autres mais c’est compliqué de gérer des personnes très différentes. Certains qu’il faut modérer, orienter pour ne pas qu’ils s’éparpillent, ou au contraire encourager et leur donner confiance. Sans contacts physique, c’est encore plus difficile. Mais à mon sens, il ne faut pas avoir peur d’accepter des personnes qui ont des caractères particuliers mais des compétences. C’est un défi en tant que présidente : il faut accepter de se confronter à un management parfois complexe et ne penser qu’à ce que ses membres apportent à l’association”.

lea debauxokUn propos complété par Léa Debaux (l'Atelier - Rouen), qui apporte un nouvel éclairage à la question du management. “Manager des personnes qui ont votre âge et qui sont vos amis, c’est un exercice d’équilibriste ! Ce n'est pas comme en entreprise où il y a une hiérarchie. C'est beaucoup plus compliqué... J'ai la chance de bien m’entendre avec tout le monde, mais j'ai eu du mal à trouver ma place. Au début, je faisais beaucoup de choses toute seule parce que je n’osais pas solliciter d’aide.
De plus, avec la fermeture des campus, on n’a plus de local, on ne se voit plus. Je n’ai plus de vision sur l'emploi du temps de mon équipe, ou plus difficilement, certains sont en stage. La distance n’aide pas : tout est encore plus complexe en distanciel parce que les réunions en visio, ce n'est pas aussi efficace et dynamique qu’en tête à tête. Mais je me rends progressivement compte que je suis capable d’être écoutée et de faire faire ce qu’il à faire, tout en restant une amie et en gardant des bonnes relations avec tout le monde. J’ai des retours de membres de l’asso qui sont plutôt positifs".

La maturité pour se découvrir

L’expérience acquise au cours d’un parcours associatif est pour beaucoup un révélateur de sa propre personnalité, une manière d’affirmer ses convictions et de se faire plus confiance. Le fonctionnement en groupe et les relations qui en découlent permettent d’apprendre sur soi-même et sur les autres, et de prendre du recul.

Clémence Perrissin-Fabert (Le Monocle - Reims) atteste “ J'essaye d’être persévérante mais la situation n’est pas facile parce qu’on est tous loin les uns des autres et que la vie n’est plus vraiment normale. J’ai tiré beaucoup d’enseignements de ces derniers mois. Je suis quelqu’un de très motivée et motivante en temps normal mais je me rends compte que les actes sont plus forts que les paroles...”.

Léa Debaux (l'Atelier -Rouen) quant-à-elle mène un véritable travail sur elle-même “Je suis assez impulsive et j’ai un caractère fort. Cette présidence représente un formidable défi : je ne peux ni m’énerver, ni parler mal aux gens. Je dois beaucoup plus intérioriser. Mettre les formes et faire preuve de subtilité ce n’est pas évident, ni naturel avec mon tempérament. C’est un travail que j’effectue sur moi chaque jour, car en tant que présidente, je représente l’association. La maturité que j’y gagne, je m’en rends compte quand je rentre chez mes parents. Je parviens à prendre beaucoup plus de recul !”.

Toutes ces softs skills développées par les étudiants sont extrêmement valorisées sur le marché du travail et recherchées par les recruteurs. Si certains évoquent une génération sacrifiée, NEOMA croit plutôt en l’émergence d’une génération agile qui a su s’emparer des contraintes d’un confinement général pour construire, grandir et se projeter dans l’avenir. Bravo à eux tous pour leur engagement et félicitations pour leurs prises de fonctions au cœur des associations de l’école !