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Le Monde de NEOMA

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Après avoir été vues comme des gadgets dans les salles de classe, les nouvelles technologies arrivent à maturité. On sait maintenant en faire bon usage grâce à un bon dosage. L’exemple de NEOMA.  

Mieux former la jeune génération – avec les exigences qui sont les siennes- au monde professionnel de demain. Voilà ce qui guide NEOMA dans le choix des méthodes d’enseignement mises en place. « L’innovation pédagogique doit viser une meilleure réussite des étudiants, avec ou sans aide de la technologie », explique Haithem Marzouki, directeur de la pédagogie innovante, et professeur de finance dans l’école de commerce.

Apprendre à apprendre 

« Dans monde qui évolue de manière rapide, ils devront se former tout au long de leur vie. On les arme. On leur donne le réflexe d’aller chercher l’info, de rester en veille », reprend le professeur. Un des objectifs est donc d’apprendre aux étudiants à apprendre. Pour cela, NEOMA a développé le distanciel asynchrone, soit des contenus auxquels les étudiants peuvent accéder 24h/24. Ils disposent ainsi d’une documentation riche, des podcasts, des slides interactives, des vidéos… qui leur permettent d’être autonomes dans leur apprentissage.   

Des contenus qui adoptent les codes des étudiants  

« Ces deux dernières années, nous avons poussé très loin la qualité de l’asynchrone, rapporte le responsable. Toute notre équipe de course design (ingénierie pédagogique) a travaillé d’arrache-pied pour construire des séances qui adoptent les codes de la nouvelle génération : gamification, interactivité, simulation … « . En 2023, l’Ecole a déployé le « iLearning », des cours interactifs et scénarisés conçus comme des webséries. Les étudiants prennent virtuellement une fonction précise, par exemple Chief Digital Officer. Ce qui les amène à prendre des décisions, à conduire des travaux… et les connaissances de manière ludique. « Ils restent très actifs dans leur apprentissage : chaque étape est validée par un test qui permet le passage à la suivante. On s’assure de cette façon qu’ils ont bien acquis les connaissances ».   

L’asynchrone permet d’apprendre à son rythme 

« L’un des grands avantages de l’asynchrone est de mettre tout le monde au même niveau », reprend le professeur de finance. A distance, chacun apprend à son rythme. Les « fast learners » peuvent aller plus loin, et les « slow learners » peuvent prendre leur temps.

« Dans une même classe, les étudiants viennent parfois d’horizons divers, ils ont des capacités d’apprentissage différentes, explique Haithem Marzouki. En cours, cela peut créer un gap. Grâce à ces séances asynchrones, les groupes sont plus homogènes, les bases théoriques sont maîtrisées, on peut passer aux études de cas ou aux débats. Les étudiants sont plus actifs. Les séances en présentiel sont plus intéressantes.»  

Des cours pilotés par les datas  

Sur ces plateformes d’apprentissage, les étudiants génèrent des données. Elles s’affichent sur un tableau de bord qui rend compte de l’évolution de chacun. Avec cet outil, les professeurs peuvent identifier les progrès ou les blocages de certains, modifier leur approche et le contenu du cours s’ils l’estiment nécessaire. C’est ce que l’on appelle l’adaptive learning, tendance qui fait entrer l’enseignement dans le monde du data driven pedagogy

Si les élèves avancent doucement sur une notion, l’enseignant en déduira qu’il lui faudra être plus clair. A l’inverse si les étudiants valident rapidement des concepts, il est inutile de revenir dessus. « Les cours sont plus riches, rapporte Haithem Marzouki, et à plus forte valeur ajoutée pour les étudiants.  Avant, je n’avais pas les moyens de suivre les apprentissages des étudiants en dehors des salles de classe. Maintenant, je peux mesurer et m’adapter. Je sais que telle méthode est plus adaptée à tel niveau et à tel programme ».  

La capacité de réflexion devient indispensable à l’heure de l’IA

C’est là aussi que l’intelligence artificielle générative intervient désormais. Parfois pour renouveler les cours. « Nous l’utilisons pour pouvoir aller encore plus loin, pour construire des activités, pour répondre aux questions basiques des étudiants. Mais à eux ensuite de vérifier. On développe comme cela leur capacité de réflexion qui devient indispensable à l’heure de l’IA.  Elle sera bien plus utile que la capacité de mémorisation. Ça change complètement notre façon de donner cours ».  

Pour Haithem Marzouki, le rôle du prof a bien changé depuis une décennie. « Les enseignants sont plus des facilitateurs, des coachs, des experts, qui permettent aux étudiants de structurer leur façon de penser, de répondre à des problématiques, des questions, et surtout de développer la pensée critique ».  Bref, il n’est plus aussi descendant qu’auparavant. 

 

Cet article a été publié dans le NEOMAG « Les intelligences : un monde à haut potentiel » de juin 2024. En cliquant sur ce lien, vous pourrez découvrir son intégralité.