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L’économiste Gilbert Cette devient professeur à NEOMA

Publié le 03 janvier 2022 par NEOMA

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 En janvier, la faculté de NEOMA accueille un nouvel enseignant-chercheur, l’économiste Gilbert Cette. Ancien membre du Conseil d’Analyse Economique (CAE), actuel Président du Groupe d’experts sur le SMIC, ce spécialiste du marché du travail, de la croissance et de la productivité est aussi très impliqué dans les réflexions de politique économique. Rencontre.

 

Vous rejoignez NEOMA en janvier 2022. Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de l’Ecole ?

NEOMA est une structure dynamique réputée pour son excellence académique et sa culture de l’innovation. Personnellement, j’ai été séduit par cette énergie, la convivialité des relations, et la bienveillance de chacun. Les contacts avec l’équipe de direction ont été excellents. L’atmosphère amicale est parfaite pour travailler de façon sereine.

Vous êtes très impliqué dans les réflexions de politique économique, vous conseillez le gouvernement sur le smic, qu’avez-vous envie de transmettre aux étudiants de NEOMA ?

Je souhaite apporter les enseignements d’une économie très appliquée, très opérationnelle. Je pense pouvoir transmettre cette connaissance. A la fois depuis la conception de réformes économiques, en passant par leur concrétisation, et jusqu’à leur suivi. Et cela sur des questions de fiscalité, de marché du travail, de réformes structurelles…

Vous produisez de nombreux travaux de recherche qui paraissent dans des revues académiques prestigieuses. Récemment, vous avez publié un document de travail de la Banque de France sur l’auto-entrepreneuriat. La question était de savoir s’il avait créé des emplois. Qu’en est-il ?

La France, le Royaume Uni et les aux Pays-Bas ont fait la promotion de l’auto-entrepreneuriat. On en attendait un effet de blanchiment de travail non déclaré. Et le but au départ était aussi de générer de l’activité, et davantage d’emplois par des effets d’offres. Notre conclusion est que cela n’a pas créé d’emplois nets, mais que cela a provoqué une substitution d’emplois salariés vers l’auto entrepreneuriat.

Vous présidez également un groupe d’experts sur le salaire minimum, vous conseillez le gouvernement à ce sujet. En octobre, le Smic augmente mécaniquement. D’aucuns souhaiteraient un coup de pouce supplémentaire, mais vous y êtes opposé. Pour quelle raison ?

Pour deux raisons. Première chose, l’augmentation du Smic peut être préjudiciable à l’emploi des personnes les moins qualifiées et les plus fragiles. Mais cela reste encore à confirmer de façon robuste. Deuxième chose : l’augmentation du Smic n’est pas un moyen très efficace pour lutter contre la pauvreté. Les deux premiers facteurs de pauvreté, sont le nombre d’heures de travail- insuffisantes- dans l’année, et les charges de famille, et non le salaire horaire comme le Smic. La meilleure façon de lutter contre la pauvreté est l’accès à l’emploi.

La meilleure façon de lutter contre la pauvreté est l’accès à l’emploi.

 

Vous consacrez aussi vos recherches à la productivité, la croissance, les technologies, la numérisation. Quels sont les grands enjeux à venir ?

La grande question actuelle est : comment peut-on expliquer que la productivité augmente si faiblement depuis une quinzaine d’années alors même que nos économies sont traversées par la révolution technologique et numérique ? C’est ce que l’on appelle « l’énigme de la productivité ». Connaitra-t-on, dans quelques temps, dans un an, deux ans, trois ans, une forte accélération de la productivité ? L’enjeu est considérable parce que devant nous se dessinent de grands défis : le défi du financement de la transition climatique, le défi du vieillissement de la population et le défi du désendettement public. Tout cela va demander énormément de ressources.

Dans le même temps, les gens demandent une augmentation de leur pouvoir d’achat. La seule façon de les financer sont des gains de productivité. Celle-ci doit accélérer pour que l’on puisse faire face, de façon sereine, à tous ces défis.

Quelles seraient les solutions ?

Il faut poursuivre les efforts structurels qui nous permettent d’adapter au mieux notre économie et les institutions à ce choc technologique. Ce serait par exemple un secteur éducatif plus performant et plus agile. Ce serait l’approfondissement du sillon creusé par les réformes Macron 2017 du Code du travail. A savoir, moins intervenir par des dispositions réglementaires, uniformes, identiques pour tous, et donc inadaptées pour tous, mais laisser davantage les partenaires sociaux négocier et décider à leur échelle, branches ou entreprises, ce qui est le plus performant et protecteur pour eux.

Moins intervenir par des dispositions réglementaires, uniformes, identiques pour tous, et donc inadaptées pour tous.

 

A propos du Code du travail, vous faîtes des propositions dans « Travail et changements technologiques » (Ed. Odile Jacob, octobre 2021), un livre co-écrit avec Jacques Barthélémy, avocat conseil en droit social.

Dans ce livre, nous essayons en effet de proposer des réformes fortes du Code du travail et du droit social. La civilisation du savoir, née des évolutions technologiques et de l’émergence de l’économie numérique, appelle à des transformations qui doivent laisser plus de place à la convention et à l’accord collectif. Ces changements sont nécessaires pour concilier protection du travailleur et efficacité économique. Ils sont devenus encore plus pressants dans le contexte de la crise de la Covid-19 qui accélère la révolution numérique.  

 

BIO EXPRESS

  • Président du Groupe d’experts sur le Smic
  • Directeur général des études et des relations internationales de la Banque de France
  • Membre du Conseil d’Analyse Economique (CAE)
  • Membre du conseil national de la productivité
  • Prix de l’économiste de l’année en 1996, catégorie « Aide à la décision publique : emploi ».

Ouvrages récents

  • Le bel avenir de la croissance. Leçons du XXe siècle pour le futur en collaboration avec Antonin Bergeaud et Remy Lecat, Ed.Odile Jacob, 2018
  • Travailler au XXIe siècle. L’ubérisation de l’économie ? en collaboration avec Jacques Barthélémy, Éd. Odile Jacob, 2017
  • Réformer le droit du travail, en collaboration avec Jacques Barthélémy), Éd. Odile Jacob, 2015
  • Changer de modèle, (en collaboration avec Philippe Aghion et Élie Cohen), Ed. Odile Jacob, 2014

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