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Former au business responsable, décloisonner les disciplines

Publié le 05 mai 2022 par NEOMA

  • Insights

Passer à une croissance plus respectueuse de l’environnement remet en question la plupart de nos pratiques économiques. Et donc de nos savoirs. Par conséquent, l’enseignement supérieur doit lui aussi repenser ses formations. Delphine Manceau, directrice générale de NEOMA, et Nicolas Béfort, directeur de la chaire Bioéconomie et Développement Soutenable ouvrent des pistes.  

Si nous n’agissons pas d’ici trois ans, le changement climatique risque d’être désastreux, tel était l’avertissement du dernier rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Agir. Dans ce domaine, « l’enseignement supérieur a un rôle central à jouer », notait Delphine Manceau, directrice de NEOMA dans une tribune du Figaro Etudiants (mars 2022). Et en particulier les écoles de commerce qui forment les managers de demain.  

Quelles compétences doivent-elles leur enseigner pour développer un business responsable ? D’abord la capacité à avoir « une vision à la fois transversale et globale », précise la directrice de l’Ecole. « Les sujets d’environnement intègrent des éléments relatifs à la biologie, aux sciences physiques, à la géologie, mais aussi à l’économie, la gestion, la sociologie… », abonde de son côté Nicolas Béfort, professeur à NEOMA et directeur de la chaire Bioéconomie et Développement Soutenable. Il ne s’agit pas en effet de simplement troquer une technologie, un pesticide chimique contre un produit plus naturel– par exemple, pour résoudre une équation écologique. C’est toute la chaîne de valeur, tous les moyens de production, et de transformation, le modèle économique, la stratégie commerciale, qui est à revoir. « Les managers doivent être capables de développer de nouveaux outils et d’explorer d’autres formes d’économie », remarque Nicolas Béfort.

Savoir arbitrer entre des solutions technologiques imparfaites 

Mais la seule vision transversale et globale ne suffit à mener à bien la transition écologique. Les managers doivent aussi savoir faire des choix réalistes et opérationnels. « Nous devons permettre aux décideurs de demain non seulement d’appréhender les équations économiques de chaque solution technique ; mais aussi d’arbitrer en fonction d’une pluralité de critères, de l’impact environnemental et énergétique ; et d’évaluer l’acceptabilité sociale », poursuit Nicolas Béfort.  

Voiture à hydrogène ou voiture électrique, quelle est la meilleure solution pour l’environnement ? A l’usage, ces technologies apparemment moins polluantes sont-elles vraiment bénéfiques ? Libérés de la mauvaise conscience d’un véhicule thermique, les usagers ne risquent-ils pas de rouler davantage (ce que l’on appelle l’effet rebond)? Et alourdir au final leur bilan carbone.  « Les solutions technologiques sont imparfaites, elles ne sont jamais rentables au départ. Les décideurs doivent ainsi être capables de pousser les projets, tout en ayant une réflexion sur leur pratique et leur soutenabilité économique », rappelle le directeur de la chaire Bioéconomie. « C’est donc à la complexité de ces enjeux qu’il nous faut former notre jeunesse », résume Delphine Manceau  

Savoir passer d’une économie de la standardisation à une économie de la variété 

Une fois la décision prise, encore faut-il mener cette transition, conduire le changement, traduire les idées en stratégie. Là encore cela demande de nouvelles compétences. « Quand une entreprise se transforme, elle doit continuer à tourner, précise Nicolas Béfort. Les ingénieurs ont besoin d’enseignement sur l’économie et le management de la transition ». C’est-à-dire apprendre à passer d’un modèle à un autre – d’une économie de la standardisation à une économie de la variété, du court terme au long terme, d’une rentabilité certaine à une rentabilité inconnue- ; tout en veillant à ne pas dépasser les limites du renouvellement énergétique de la planète.  Ce qui suppose de savoir comment fonctionne les sciences de la nature.  

Ainsi seule « Une approche résolument scientifique et pluridisciplinaire ouvrira la voie vers un véritable business responsable », assure la directrice de NEOMA. « Le grand modèle du genre, ce sont les Pays-Bas, remarque Nicolas Béfort. A la fin des années 1990, le gouvernement néerlandais a mis des millions sur la table à la fois pour lancer la recherche et produire de la connaissance, et pour mettre en place les programmes de transition. Il a connu un grand succès ». En France, nous n’en sommes pas là. « Notre enseignement supérieur est souvent mono-disciplinaire. Peu de programmes brisent les frontières entre les savoirs, peu intègrent à la fois des enseignements en biologie et physique avec les cours de philosophie et d’éthique. » Même si Delphine Manceau se réjouit d’une évolution majeure des formations académiques ces dernières années.   

NEOMA décloisonne déjà les disciplines  

L’enseignement idéal : une double culture Business/Sciences mêlant connaissances scientifiques, activité économique et enjeux sociétaux. « Les coopérations entre établissements dédiés aux sciences de l’ingénieur et de l’agronomie avec ceux consacrés au management, par exemple, ont largement démontré leur utilité », analyse Delphine Manceau.

Sur ce terrain, NEOMA n’est pas en reste, comme le rappelle Nicolas Béfort. Depuis 25 ans, le Masternova s’inscrit totalement dans cet esprit : ce Mastère Spécialisé (MS) en Management de l’Innovation dans les Agro-activités et Bio-industries permet d’acquérir une double compétence en sciences du vivant et en disciplines managériales, au service de projets innovants dans les domaines de l’agroalimentaire, la santé, les biotechnologies, la cosmétique, la chimie du végétal.

Et que dire la chaire Bioéconomie de NEOMA, totalement engagée depuis 2012 dans cette ambition de faire de la nouvelle génération les décodeurs de la transition écologique ? L’enjeu est clair : dépasser les opinions ou jugements à courte vue sur ces sujets pour établir les bons diagnostics (qui sont souvent complexes) et in fine, grâce aux travaux de recherche, identifier des solutions viables. « Nous nous sommes beaucoup inspirés de ce qui se fait à l’étranger pour construire notre projet, souligne son directeur. Cette pluridisciplinarité, nous la faisons vivre : nous avons réuni une dizaine de professeurs de plusieurs disciplines, marketing, économiste, management… Nous travaillons avec des biologistes, des ingénieurs… ».  Une telle approche convient aussi aux étudiants ingénieurs ou managers : les jeunes sont désormais plus nombreux à vouloir réduire leur impact sur la planète qu’à optimiser les performances des derniers smartphones. Le GIEC respire. Un peu.

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