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Entreprendre avec “Gratitude » : portrait de jeune NEOMIEN entrepreneur

Publié le 22 avril 2020 par NEOMA

  • Incubateur
  • Programme Grande Ecole

Pierre Forestier est étudiant à NEOMA. Avec son frère Jean, les deux jeunes startuppers ont entrepris l’aventure de la mode éthique et éco-responsable. Une gageure quand on sait que ce secteur d’activité est le deuxième plus polluant au monde. Il se sont lancé le défi de mettre sur le marché une gamme de chemises 100% made in France, baptisée “Gratitude”. Leur objectif : susciter une prise de conscience chez le consommateur.

“Ça fait longtemps qu’on portait l’envie de monter un projet autour de valeurs qui pour nous ont beaucoup de sens” explique Pierre. “On n’avait pas immédiatement envisagé d’entreprendre ensemble mais, cela s’est fait très naturellement. Et comme c’est important d’avoir un bon associé et de se faire confiance, c’est un atout de travailler avec son frère. On est cash entre nous, ça simplifie de nombreuses situations et on est sur la même longueur d’onde : prendre plaisir à ce que l’on fait”.

Vie associative et incubateur : richesse et échange

img gratitude3Arrivée au sein de NEOMA à la rentrée dernière au sein du Programme Grande Ecole, Pierre s'était déjà immergé dans l’écosystème entrepreneurial en participant à un concours de création d’entreprise. “Lorsque j’ai été admis à NEOMA, j’ai intégré l’association étudiante Déclic Entreprendre et j’ai poursuivi ma démarche. Les rencontres que j’ai nouées dans ce cadre étaient d’une grande richesse”.

Pour murir son projet de textile éco-responsable, Pierre a ensuite intégré l’incubateur de l’école. “Ce qui est très appréciable dans l’incubateur, c’est qu'il constitue un véritable lieu d’échange. On y croise de nombreuses personnes qui portent des projets très différents, c’est très nourrissant comme endroit. J’ai également été très bien accompagné par mon coach. Il nous a énormément challengés, ce qui a fait beaucoup murir "Gratitude". Il nous fixait des deadlines et il nous a aidés à avancer. Clairement, c’est l’accompagnement dont nous avons bénéficié qui nous a permis d’affiner certains paramètres comme le choix du lin ou de la production 100% made in France”.

En effet, les deux jeunes créateurs s’étaient initialement orientés vers le polyester recyclé pour lancer leur production de vêtements. Mais grâce au travail conjoint avec leur coach, ils ont identifié deux difficultés majeures : la première était le nombre d’acteurs déjà présents sur le créneau mais également la pollution liée aux microplastiques causés par les lavages en machines. “Recycler une matière nocive ne nous a pas semblé durable à long terme ni en accord avec nos valeurs” précise Pierre.

Favoriser l’économie locale et les savoir-faire régionaux

Pour décupler les impacts positifs de “Gratitude” les frères Forestiers, se donnent pour mission de favoriser l’économie locale et les savoir-faire régionaux.

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“On sait trop peu que la France produit à elle seule 80% du lin mondial, et la Normandie grâce à son climat unique est la première région productrice. Notre lin est ensuite tissé dans les Hauts de France, nos boutons sont confectionnés dans le Jura, les étiquettes sont produites dans le sud de la France et les chemises fabriquées près de Tours” détaille le jeune homme avec fierté. Un véritable cercle vertueux qui souligne l’ancrage territorial de NEOMA dont un récent rapport soulignait la contribution directe et indirecte sur les écosystèmes locaux*.

Un duo de pionniers qui veut faire évoluer les mentalités sur la mode

img gratitude0Autre cheval de bataille pour Pierre et son frère, faire comprendre au consommateur la valeur de ce qu’il achète. “Avec Jean, nous nous voyons comme des pionniers pour faire évoluer les mentalités des consommateurs. Ça coute soi-disant “cher” de produire une chemise en France mais il faut avoir en tête que la vision du prix que nous avons des vêtements est complètement folle” raconte Pierre.

"Les grandes enseignes multiplient leur coût de revient par 8. C’est à dire que si vous achetez un T-shirt à 16€, il aura couté 2€ à produire. Je vous laisse imaginer les conditions dans lesquelles il aura été sourcé et fabriqué. Pour donner un ordre d’idée, notre ratio avec “Gratitude” ne s’élève même pas à deux, et pour l’instant notre marge est ridicule. C’est véritablement sur ce point que les mentalités doivent évoluer. Les chiffres attestent qu’un Français ne porte qu’un tiers des vêtements qu’il possède. Il est urgent de changer nos modes de consommation notamment sur le plan de la mode. C’est économique d’acheter une chemise de bonne qualité que l’on va porter, au final !”

Pour en savoir plus sur Gratitude et soutenir leur campagne de crowdfunding : cliquez-ici 

*[rapport BSIS]