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Coopératives agricoles et économie circulaire

Publié le 29 juillet 2022 par NEOMA

  • Chaire de Bioéconomie Industrielle

Les débats sur comment nourrir 10 milliards d’individus en 2050 tout en préservant la planète deviennent de plus en plus stratégiques. Cette problématique réinterroge à nouveau l’importance du rôle à jouer par l’agriculture durable et ses acteurs notamment coopératifs.

En effet, avec 13 des 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies liés à l’agriculture et à la sylviculture, il est indéniable que les coopératives agricoles peuvent contribuer à leur réalisation. Ainsi, en tant qu’entreprises centrées sur les personnes, créées et gouvernées par les agriculteurs les coopératives agricoles peuvent contribuer aux ODD axés sur l’élimination de la pauvreté, la protection de la planète et la prospérité pour tous.

En effet, elles offrent aux agriculteurs, qui en sont à la fois propriétaires et fournisseurs en produits agricoles qu’elles transforment, un meilleur accès aux marchés, la possibilité de se positionner dans la chaîne alimentaire et la garantie d’un meilleur rendement en valorisant leur production.

Elles améliorent ainsi la résilience rurale notamment en période de crise, en renforçant la compétitivité et en stimulant la croissance et l’emploi dans les zones rurales.

Elles permettent aux agriculteurs de se positionner dans la chaîne alimentaire et notamment d’adopter des solutions numériques pour économiser sur les coûts des intrants et relever les défis d’une agriculture durable.

De par leurs investissements, elles facilitent leur accès à la recherche axée sur la demande et l’innovation, les services de formation et de conseil, le soutien financier pour développer de nouvelles technologies.

De plus, de par leurs valeurs intrinsèques (solidarité, engagement territorial, stratégie et approche de long terme, engagement pour l’avenir des générations futures…) elles s’inscrivent parfaitement dans l’optimisation de l’utilisation des ressources tout en réduisant les impacts environnementaux de la production et de la consommation.

Elles doivent répondre à ces enjeux dans un contexte de ressources qui s’amenuisent, d’attentes consommateurs qui évoluent et de maîtrise nécessaire des volumes de déchets notamment en les transformant en nouvelles matières premières valorisables

L’économie circulaire, facteur de compétitivité, apparaît donc comme un levier pertinent pour répondre à ces enjeux. Les coopératives agricoles s’y investissent au travers d’actions innovantes en lien notamment avec la réduction des intrants, le recyclage des déchets, les économies d’énergie, l’écologie industrielle, l’optimisation logistique, la lutte contre le gaspillage alimentaire…

Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre des 5 piliers qui définissent l’économie circulaire (ADEME) : approvisionnement durable, écoconception, consommation responsable, écologie industrielle et territoriale et recyclage.

Les coopératives doivent pour réussir y associer les Hommes (coopérateurs, salariés, partenaires économiques…) et les institutions en s’appuyant sur la force de leur ancrage territorial. Ainsi, pour Philippe Mangin, Président de Coop De France (2015), « ces initiatives sont bien souvent créatrices d’emplois, mais leur durabilité et leur déploiement ne peuvent se faire sans une sensibilisation du consommateur. Celui-ci doit aussi être associé pour comprendre que ces démarches ont un coût et ne peuvent s’inscrire dans une politique de banalisation de l’offre alimentaire fondée en permanence sur les prix les plus bas ».

Cependant une diffusion de régimes alimentaires sains et écodurables se heurte à l’obstacle de leur accessibilité financière, à la fois pour les ménages en situation de pauvreté et l’ensemble des ménages modestes.

Comment donc consommer des aliments plus chers sans accroître la pression sur le budget des ménages modestes ? C’est l’équation à résoudre pour réussir la transition alimentaire. La solution passe sans doute, en partie, par la sobriété alimentaire. En diminuant la quantité d’aliments ingérés chaque jour jusqu’à un niveau nutritionnellement recommandé et en réduisant leurs gaspillages alimentaires, les consommateurs peuvent en effet réaliser des économies substantielles. La solution ne passe-telle pas par une éducation et un accompagnement plus large des populations à mieux se nourrir mais également à mieux acheter afin d’aboutir en pratique à une véritable révolution dans les comportements d’achat des consommateurs.

Dr Maryline Thénot, professeure en ingénierie et stratégie fiscale et juridique, gouvernance, bioéconomie, et Economie sociale et solidaire (ESS) à NEOMA.

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