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Conférence du Professeur DUBOIS : « Alzheimer ? Une problématique de santé majeure pour l’avenir ! »

Publié le 17 juin 2019 par NEOMA

  • Programme Grande Ecole

A l’occasion de la troisième conférence de l’année sur les Humanités, NEOMA BS conviait le Professeur Bruno DUBOIS, Professeur en Neurologie à l’Université Pierre et Marie Curie, pour une intervention en lien avec le vieillissement de la population, les mécanismes de la mémoire et le rôle des entreprises pour financer les fondations médicales.

« L’objectif de ces conférences est clair : vous donner toutes les clés pour comprendre et saisir les enjeux de demain », expliquait Delphine MANCEAU, Directrice Générale de NEOMA Business School, en introduction de cette conférence, organisée une nouvelle fois sous l’impulsion de Michel-Edouard LECLERC, Président de l’Ecole. Invité d’honneur de cette intervention : Bruno DUBOIS, Professeur en Neurologie à Sorbonne Université et Directeur du Centre des Maladies Cognitives et Comportementales à l’Hôpital de la Salpêtrière. Auprès des étudiants de NEOMA, c’est plus particulièrement en qualité de Directeur de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A) de ce même hôpital, qu’il prend la parole. « Cette maladie sera, sans nul doute possible, l’une des problématiques de santé majeures dans les années à venir », précise le professeur. « Il suffit pour cela de s’intéresser aux chiffres. Aujourd’hui, seuls les Etats-Unis, une partie de l’Europe, le Japon et l’Australie ont une population âgée de plus de 60 ans qui dépasse les 20 %. En 2050, seul le continent africain connaîtra un taux inférieur. Et c’est loin d’être un hasard si j’évoque précisément cette barre des 60 ans : on estime que 5% des 60 ans et + sont aujourd’hui frappés par la maladie d’Alzheimer, ce chiffre allant jusqu’à 40% après 90 ans. Ainsi une petite fille qui nait aujourd’hui aura 40% de risque de développer la maladie à la fin de sa vie ! Il s’agit donc d’un enjeu sociétal à ne pas négliger surtout lorsqu’on connaît l’impact budgétaire que représentent les personnes âgées malades ».

Le rôle majeur de la science et de la recherche

D3zZ1WNXoAEnsUiAprès avoir expliqué en détail le fonctionnement de notre cerveau et les raisons de cette maladie, le professeur a également partagé ses inquiétudes sur l’omniprésence des nouvelles technologies, et son impact sur l’Homme. Certaines recherches montrent clairement que les jeunes générations, particulièrement exposées aux écrans, présentent des différences notables dans le développement physique de leur cerveau. Un diagnostic qui renforce encore davantage l’impérieuse nécessité de lutter de façon précoce contre la maladie. Pour cela, le Professeur DUBOIS a rappelé le rôle essentiel des chercheurs dans ce combat. Une lutte de tous les jours qui met en avant plusieurs pistes de réflexion. « Aujourd’hui, grâce aux progrès de la science, nous sommes capables d’identifier les lésions qui sont à l’origine de cette maladie. En revanche, malgré nos différentes tentatives, aucun médicament n’est en mesure d’agir une fois qu’elle se manifeste. L’objectif à terme des chercheurs et des médecins est donc désormais de traiter les personnes avant que les symptômes ne se déclarent. Notre conviction : nous ne traiterons pas la maladie mais nous ferons de la prévention » Et dans cette approche, l’Intelligence Artificielle et les nouvelles technologies vont jouer un rôle fondamental. « En croisant plusieurs données IRM ou de neuro-imagerie moléculaire , de données biologiques, génétiques ou contextuelles, l’IA sera certainement en mesure de définir, à moyen terme, l’algorithme prédictif qui permettra de détecter la maladie d’Alzheimer, avant son déclenchement. Nous ne sommes qu’au début de recherches et je l’espère de trouvailles fantastiques. »

Les fondations médicales et les nouvelles générations comme porteuses d’espoir pour l’avenir

Dans ce combat contre la maladie, les entreprises privées peuvent jouer un rôle fondamental. Or, les financements ne sont pas au rendez-vous. « Pour que les laboratoires pharmaceutiques se penchent sur le sujet, il faut qu’il y ait des perspectives économiques et ce n’est pas le cas pour le moment puisqu’aucun traitement n’a su prouver son efficacité. » Toutefois, les choses sont en train de changer comme le confirme Michel-Edouard LECLERC. « Je suis sûr que parmi vous, étudiants de NEOMA BS, il y aura de futurs responsables en charge de l’accompagnement des malades ou des financements de la recherche. Un secteur comme le consulting, par exemple, sera forcément amené à répondre aux problématiques associées à la santé en général et à la maladie d’Alzheimer et au vieillissement de la population en particulier. Mon rêve ? Que des structures privées, sous l’impulsion des nouvelles générations, imaginent les modèles qui feront évoluer nos pratiques notamment dans le domaine de la recherche » analyse le Président de l’Ecole. Pour le Professeur Bruno DUBOIS, l’enjeu se joue également au niveau des perceptions collectives liées à cette maladie. « Aujourd’hui, l’un des problèmes majeurs auquel il faut s’attaquer, c’est combattre le tabou qui entoure Alzheimer et intégrer les jeunes générations dans ce changement de perception. Aujourd’hui, entre vieillissement de la population naturelle et surutilisation des écrans et des nouvelles technologies dans notre quotidien, ce combat sera certainement le leur ou celui de leurs proches dans les prochaines années. Il est donc nécessaire de les voir s’impliquer ! » conclut le spécialiste.