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Comprendre les rapports de force, une compétence stratégique

Publié le 01 juillet 2021 par NEOMA

  • Actualité Programme

Géopolitique et commerce ont depuis toujours partie liée. Mais dans un monde complexe où l’interdépendance est la norme, elle est devenue indispensable. D’où la signature d’un partenariat entre l’IRIS Sup’ et NEOMA, au croisement de la géopolitique et du management. Interview de Pascal Boniface, Fondateur et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) Directeur d’IRIS Sup’, l’école de la géopolitique.

 

Comment jugez-vous la place de la géopolitique dans le système éducatif ?

Je me réjouis d’abord qu’elle soit devenue une spécialité proposée en première et en terminale, depuis la récente réforme du lycée. Pour moi, c’est la reconnaissance d’une évidence. Quel que soit le métier qu’ils exerceront ensuite, les élèves qui sortent du lycée doivent disposer de connaissances pour appréhender le monde qui les entoure. Les jeunes eux-mêmes ne s’y trompent pas, car dès la première année d’existence de cette spécialité, plus d’un tiers d’entre eux l’ont choisie.

Comment expliquez-vous cet attrait ?

Nous l’observons de manière bien plus large que dans l’enseignement. La géopolitique n’est pas une discipline réservée aux spécialistes. Je dis souvent qu’elle est comme l’anglais : un outil indispensable pour comprendre le monde et les gens qui nous entourent. Dans toutes les régions où l’Iris organise des manifestations, nous observons cet appétit du grand public pour la géopolitique, tous âges et professions confondus. Cela tient à la fois à un intérêt personnel, de la curiosité, mais surtout au besoin profond de comprendre des événements dont on sent bien qu’ils ont un impact direct sur nos vies.

Un manager peut-il se passer de ce socle de connaissances ?

Non, la géopolitique est tout simplement indispensable, dans un contexte où les frontières n’arrêtent plus grand-chose – ce que le Covid nous rappelle de manière dramatique. Quels que soient les secteurs, les répercussions sur notre activité sont présentes. Les étudiants doivent être confrontés à ces problématiques pour comprendre les rapports de force à l’œuvre, nourrir leur analyse et leur vision stratégique.

Certains prévoient un tarissement des échanges internationaux post-Covid. Vous y croyez ?

Il ne faut pas tomber dans l’exagération, les échanges internationaux retrouveront (très) progressivement leur niveau d’avant Covid. Tout comme le tourisme de masse ne sera pas supprimé, les étudiants repartiront découvrir d’autres cultures et les professionnels de conquérir des marchés étrangers. Évidemment, la montée en puissance des outils de visioconférence ne disparaîtra pas, ils sont complémentaires aux activités que nous menons et n’ont pas vocation à remplacer nos déplacements. Nous avons trop profité de l’ouverture du monde pour revenir à un état où les frontières seraient closes.

Pensez-vous que la santé restera un paramètre majeur dans les relations internationales ?

Oui, bien sûr. Les épidémies n’ont jamais disparu, y compris très récemment (Ebola, SRAS…), mais il est certain que nous avons vécu un rappel à l’ordre, après bien des alertes lancées et non écoutées, un travail de prévention relativement oublié… Cela dit, la crise Covid n’a pas développé de faits stratégiques nouveaux. Elle a pu les amplifier, mais ce n’est pas elle qui a créé le rapport de force entre les États-Unis et la Chine pour la domination mondiale, ni la crise du monde occidental que nous observons. La santé restera un point d’attention important mais n’empêchera pas le monde de retrouver le niveau d’échanges qui était le sien.

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